Utilités économiques vs modèles économiques des réseaux sociaux

Les réseaux sociaux personnels et professionnels souffrent encore par défaut d’utilité économique, d’utilisabilité et d’usabilité.

Selon Wikipédia, l’utilité économique est une mesure du bien-être ou de la satisfaction obtenue par la consommation, ou du moins l’obtention, d’un bien ou d’un service.

L’utilisabilité ou usabilité est définie par la norme ISO 9241 comme « le degré selon lequel un produit peut être utilisé, par des utilisateurs identifiés, pour atteindre des buts définis avec efficacité, efficience et satisfaction, »

Je pense que c’est sur ce point, que les usages des réseaux sociaux ne sont pas à la hauteur des outils, ou réciproquement, les outils ne sont pas à la hauteur des usages. Les sites ne sont pas gérés par des animateurs de communautés, et les usagers ne sont pas culturellement suffisamment formés et préparés à “l’attitude réseau social”

Après le premier enthousiasme de retrouver quelques amis d’enfance ou d’envoyer quelques pokes, quelle est la valeur économique de ces relations sociales médiatisées.

Si ce n’est des informations communicatives (70% des messages échangés correspondent à des envois de CV ou de candidatures spontanées, ou à des offres commerciales) mais rarement informatives (5% des messages échangés, pour à peine 2 à 3% des membres) notamment auprès de certaines communautés (forums, hubs) qui y accueillent des conversations qui ont une vraie utilité pour ses membres.

De plus, la plupart des membres refusent les profils de commerçants sur les réseaux sociaux (le profil n’est pas un personne, mais une société) et refusent également la publicité personnalisée.

Réseau social vs réseau commercial

Il existe un grand nombre de membres qui ne font pas la distinction entre un réseau social et un réseau commercial. Il existe pourtant des milliers de sites qui recensent des fournisseurs à la recherche de clients, ce qui n’est absolument pas la vocation d’un réseau social.

De plus, certains s’étonnent de payer des abonnements à ces réseaux sociaux et de recevoir des alertes et des news sponsorisées.

Modèle économique des réseaux sociaux
Quant au modèle économique des réseaux sociaux, il repose essentiellement sur la gratuité pour certains (contre l’utilisation publicitaire des données provenant de nos profils), sur des abonnement Freemium (une partie gratuite avec des fonctionnalités de base et une partie payante pour des fonctions évoluées) sur les outils de job-board pour les cabinets de recrutement et sur la publicité ciblée, intrusive sur chaque en tête de mails provenant d’un hub ou groupes par exemple.

Certains réseaux utilisent également des modèles économiques complémentaires comme le paiement au Clic (CPC), l’affiliation ou la réalisation d’applications se pluggant sur les différents réseaux sociaux.

Donc on le voit, si les modèles économiques « seller centric » (orientés vendeurs) ont du mal à se développer, nous pourrions imaginer une autre série de modèles économiques plus « users centric» (orientés usagers) basé sur l’utilité, l’utilisabilité, sur la qualité informative et collaborative de l’information pertinente et sur la valeur produite par ces relations sociales. Les membres cherchant à optimiser leur utilité.

Vers un déclin des réseaux sociaux
Comme tout produit, qui connaît différents cycles, de lancement, de croissance, de maturité, puis de déclin, que pouvons nous penser du cycle des réseaux sociaux ?

Si ces réseaux sociaux restent un outil de socialisation mondiale, son ampleur semble se ralentir à l’image de Facebook qui a connut en février 2010 une journée mondiale sans Facebook, avec 140 000 membres francophones qui se sont prononcés en faveur de cette journée.

Seulement 320 000 comptes ont été ouverts sur le réseau social star au mois de juin 2010 aux Etats-Unis, contre 4,4 millions en avril et 7,8 millions en mai. Dans la tranche des 18-44 ans, il y a même eu un recul avec 250 000 membres qui en sont sortis.

Pour le réseau social www.Ning.com (qui permet de créer son propre réseau social) qui a vu le jour en 2005, a connu après un lancement et une croissance exponentielle selon Mashable, en Mars 2009 un million de réseaux sociaux s’étaient créés sur cette plateforme. Cette même année son trafic augmentait de près de 300% par an et comptait 5.6 millions d’utilisateurs seulement aux État-Unis, encore en 2010 le nombre d’utilisateurs de Ning ne cessait d’augmenter.

Un futur incertain pour les réseaux sociaux
Lorsque les membres définiront réellement leur besoin, connaîtront leurs objectifs et ce qu’ils recherchent, et qu’ils sauront les utiliser au mieux, ils se concentreront sur les réseaux sociaux qui seront capables de les aider à atteindre leurs objectifs informationnels principalement.

Les réseaux sociaux, le web 2.0, et l’internet sont totalement imprévisibles car basé sur l’acceptabilité, l’utilisabilité, l’usabilité et l’utilité. Les usagers hier de Viadeo, ou de Facebook se sont très vite retournés vers d’autres outils comme Ning, ceux de Ning, se sont tournés vers des Réseaux Sociaux d’Entreprise puis vers d’autres Réseaux sociaux verticaux (tourismes, immobilier, mécénat…).

Qu’en sera t il demain ?

Ainsi un réseau social historique comme Classmates (1995), Sixdegrees puis Friendster ont vite disparus (notamment car ne respectaient pas les modèles d’utilités économiques attendus par les usagers) au profit d’autres qui se sont créés comme Myspace, Meetic puis Facebook.

Microsoft, Google, mais aussi Orange en France sont sur les starting blocks pour les réseaux sociaux, mais sont très prudents à se lancer à nouveau, car les usagers sont très exigeants et très versatiles….

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Il y a 3 commentaires sur “Utilités économiques vs modèles économiques des réseaux sociaux”

  1. Glossologeek dit :

    Bonjour, merci pour cet intéressant article.

    Pouvez-vous me dire qui l’a rédigé ?

    Cordialt.

  2. Simon DOSEN dit :

    Bravo, merci pour cette lucidité

  3. luisetti dit :

    Merci !

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